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Edward Hopper [Célèbre et autodidacte]

Ses tableaux sont légendaires car ils ne cessent de nous interroger.

Pour preuve : Le mystérieux tableau « NightHawks » et son restaurant animé par quelques « oiseaux de nuits » ; l’énigmatique « Cinéma à New York » avec sa femme à l’air songeur ou l’inquiétante demeure solitaire de la toile « Maison au bord de la Voie Ferrée ».

 

En 2012, une formidable exposition au Grand Palais avait déjà mis à l’honneur le grand maître américain.

Ce printemps 2020, c’est au tour de la fondation suisse Beyeler de mettre l’artiste sur le devant de la scène. Pour cause de confinement, l’exposition est cependant suspendue jusqu’à nouvel ordre.

En attendant de pouvoir enfin remettre le pied dans le musée, nous vous proposons de (re)découvrir son œuvre magistrale.

Autoportrait, 1918

Une éducation internationale

Pour comprendre l’œuvre, nous devons tenter d’en comprendre son créateur.

Né en 1882, Edward Hopper démontre un talent précoce pour le dessin dès ses 5 ans. Sa famille le soutient en lui fournissant tout le matériel nécessaire, c’est une chance. La ville natale de l’artiste étant basée sur la rivière de l’Hudson, il manifeste un vif intérêt pour les navires. C’est pourquoi Hopper hésitera un moment entre une carrière d’architecte naval et d’illustrateur.

 Le jeune Hopper s’enthousiasme pour l’Europe qu’il visite assidument. Il tombe amoureux de la culture française notamment et parle cette langue couramment. Dans son art, on sent d’ailleurs l’influence des impressionnistes. Toutes ses toiles sont le reflet de cet attrait. Avec « Automate », on constate par exemple une référence à la peinture « l’Absinthe » d’Edgar Degas.

Point assez rare pour être soulevé ; Hopper est aussi intéressé par l’architecture que par les personnes qui la peuple. Citadin dans l’âme, le peintre adore représenter des espaces urbains. La structure de ses tableaux est très dynamique par rapport à leur thématique. De grands ensemble géométriques et des lignes fortes rendent vivantes ses compositions. Les fenêtres jouent un rôle majeur dans l’œuvre de l’artiste. Ce motif récurrent semble être celui autour duquel est construite toute l’ossature d’une grande partie de ses peintures.

Chop Suey, 1929

Univers intimiste

 Son style réaliste et dépouillé suscite pourtant l’imaginaire. On ne peut s’empêcher de se demander ce qui hante ses personnages. Quelles pensées viennent emplir leur tête ? Ils semblent attendre quelque chose. Tous sont entrevus à la dérobée, point de vue que Hopper fait adopter au spectateur. L’impression de voyeurisme est troublante. La fragilité de ces figures épiées est palpable. Hopper nous démontre tout son talent en nous mettant dans la posture d’un indiscret impénitent. On ne peut s’empêcher de vouloir dévisager ces deux femmes dans « Chop Suey » par exemple. Que disent-elles, qui sont-elles ? Sont-elles amies ou parentes ?

Atmosphère immersive

Par ailleurs, Hopper démontre une grande maitrise des modelés et de la lumière. Cela nous indique intuitivement à quel moment de la journée s’inscrit chaque scène. Évoquer une rue crépusculaire ou un plein après-midi suffocant semble sans effort pour lui. Et pourtant…

Une orientation artistique non assumée

Reconnu sur le tard, Edward Hopper a du mal à se voir comme un artiste purement américain. Son éducation tournée vers l’Europe lui donne envie de représenter autre chose que son pays natal. Il deviendra pourtant le peintre porte-étendard de « l’American way of life ». Nombreux sont les cinéastes qui ont puisés dans son iconographie fantasmée d’une Amérique désenchantée. Le cinéaste Wim Wenders lui a rendu hommage dans un court-métrage réalisé pour l’exposition genevoise. Il y reconstitue de nombreuses scènes mythiques du maître. On ne peut que vous recommander de voir ce magnifique court intitulé « Deux ou Trois choses que Je Sais sur Edward Hopper ».

Une peinture teintée de mélancolie ?

Derrière ses figures suspendues dans une sorte de torpeur, Hopper voulait-il vraiment nous suggérer de la tristesse ?

Pas nécessairement. Rien n’est évidemment plus subjectif que la contemplation d’œuvres picturales. Chacun ira donc y trouver sa propre explication.

Mais sachez cela ; Hopper était réputé pour être un peintre très scrupuleux qui passait des mois à finir une toile. Tout était mûrement réfléchi pour faire entrer le spectateur dans ses œuvres. Et si c’était tout simplement là une invitation à l’évasion de notre propre condition ? Une touchante empathie silencieuse ?  

Edward Hopper, magicien du temps suspendu et de l’indicible beauté des moments volés.    

Jolie épingle pour Pinterest

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