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Charles et Mathias : “Nos podcasts sont une aventure éditoriale mais aussi et surtout une histoire d’amitié. “

Vous avez peut-être déjà frissonné en écoutant leurs voix. Charles et Mathias animent les podcasts “Inspiré de Faits Réels” et “Le Bureau des Mystères”. Avec sens critique et humour, les deux acolytes nous livrent à chaque émission deux doses de mystère, autour de faits étranges. 

Au long de cet échange, ils nous en disent plus sur l'origine de leurs émissions et la façon dont ils jonglent entre ces projets et le reste de leur vie professionnelle.

Mathias et Charles Podcast
Le premier livre de Charles et Mathias paru en 2019

Talenty : Quelles sont vos professions respectives en dehors du podcast ?   

Charles : Je suis enseignant à l’université et jeune chercheur.

Mathias : Je suis journaliste.

T : Comment vous êtes-vous rencontrés ? 

M : C’était en 2006, au lycée. On regardait des films d’horreur et des nanars ensemble, et puis nous avons travaillé ensemble en tant que correspondants locaux de à partir de 2008 pour La Tribune de Montélimar. C’est ce qui a scellé notre amitié et notre envie de travailler ensemble.

T : Que rêviez-vous d’accomplir plus jeunes ?  

C : J’ai eu une phase entre le lycée et la Licence où j’ai eu envie de créer et diriger mon propre magazine spécialisé dans les films de genre.

M : Mon rêve depuis tout petit, c’est d’écrire des livres. Et je l’ai en partie exaucé grâce au Bureau des mystères !

Charles et Mathias podcast
© Sax et Rakun

T : Quest-ce qui vous a fait aller vers le podcast ? Pourquoi ce média précisément ?   

M : L’idée était de partager notre passion, le média importait peu. Il y a d’abord le fait que le podcast n’est pas cher à produire, il n’y a pas d’investissement particulier à faire. Et il y a le côté chaleureux de la voix, la proximité. Cela faisait quelques années que j’écoutais les archives d’Exocet, l’ancienne émission de radio Patrick Baud. J’en réécoutais souvent au moment où on a lancé Inspiré de faits réels. Ça a sans doute été une grande inspiration.

"Ce qu’il faut réussir à se dire, c’est qu’une activité hors travail peut encore en être."

T : Comment est né votre premier podcast, « Inspirés De Faits Réels » (IFR) ?   

M : C’était en octobre 2016. J’avais envie de créer une émission sur les films d’horreur marketés comme « Inspiré de faits réels » en parlant de faits divers, de cinéma, et en s’intéressant au travail d’adaptation fait par les scénaristes et réalisateurs. Je ne me voyais pas le faire sans Charles. L’idée était nous retravaillions ensemble, comme à l’époque de La Tribune, sur des sujets qui nous passionnent.

Le bureau des Mystères
© Sax et Rakun

T : Et votre deuxième émission « Le Bureau Des Mystères » (BDM) ?   

C : C’était l’idée d’Henry Michel de Riviera Ferraille, dont nous avions attiré l’attention avec notre première émission. Il nous a dit qu’il aimait ce que nous faisions dans une de nos anciennes émissions, « Triste Monde Tragique », un format récréatif d’improvisations en alternance avec les épisodes classiques d’IFR.

  

M : Il nous a suggéré de faire une émission avec un découpage en quatre histoires distinctes d’environ 15 minutes chacune. Il y a eu un numéro 0 du BDM où nous hésitions à pencher vers l’humour comme le podcast américain “Last Podcast on the Left” ou  à partir davantage vers quelque chose qui ressemble plus à Exocet. C’est ce qu’on a finalement fait, assez naturellement. Aujourd’hui, nous avons quitté Riviera Ferraille et nous continuons l’émission de manière indépendante

T : Comment arrivez-vous à concilier votre activité de podcasteurs avec vos autres activités professionnelles ? 

C : Ce qu’il faut réussir à se dire, c’est qu’une activité hors travail peut encore en être. Il faut avoir de la minutie pour rendre quelque chose de qualité.

M : En ce qui me concerne, pour l’instant, cela se passe plutôt bien. Là où je me ferais un peu plus de souci à l’avenir, ce serait si je fonde une famille. Mais pour le moment, il n’y a pas de déséquilibre.

"Nous tendons de plus en plus vers cela, examiner ce qu’une histoire révèle de la société."

T : Où trouvez-vous vos sujets et comment les choisissez-vous ?  

C : Je fonctionne par thème et Mathias plutôt par sujet. Il y a beaucoup d’informations sur internet, ne serait-ce que sur Twitter. On retient les histoires qui nous parlent et qui racontent quelque chose de la société.

Charles et Mathias podcasts
Charles Paramonia © Oli Quil

T : Finalement, cest davantage le côté investigation qui vous passionne ? 

M : Oui, c’est ça que j’adore dans l’émission, le « debunking » (la démystification) ! J’aime raconter en y mettant parfois l’ambiance pour arriver dans une 2ème phase où on se pose pour décortiquer les dossiers et en tester la véracité. En creusant, on se rend souvent compte que ce sont des inventions.  

T : Il y a aussi une facette sociologique qui est parfois sous-jacente dans vos thématiques 

C : C’est vrai que l’injustice et le prosélytisme religieux, entre autres, ont tendance à nous révolter. Comme dans l’affaire d’Anneliese Michel (jeune allemande catholique sur laquelle fut pratiqué 67 exorcismes, ndlr) où la personne est victime de son milieu avant tout. Nous tendons de plus en plus vers cela, examiner ce qu’une histoire révèle de la société.

"On m’avait conseillé d’investir dans du matériel professionnel au début, que nous avons pu emprunter mais qui était très intimidant. Finalement, nous utilisons des micros USB Blue Yetiqui sont efficaces à moindre coût. C’est très bien pour débuter… et même continuer, la preuve."

T : Parlez-nous de votre plus belle réussite.

C : Je dirais une capacité à s’accorder sur un juste milieu par rapport à nos idées. Même s’il y a parfois quelques divergences, nous regardons dans la même direction, c’est le plus important.

M : En ce qui me concerne, ma plus belle réussite a été d’avoir signé avec les éditions Flammarion pour notre livre Le Bureau des Mystères : 30 Histoires Etranges et Effrayantes.

C’était incroyable de pouvoir éditer un ouvrage dans une maison aussi prestigieuse que celle-là. Une autre réussite plus personnelle, c’est que le fait de faire des podcasts avec Charles permet de conserver un lien très fort. Pour moi, nos podcasts sont une aventure éditoriale mais aussi et surtout une histoire d’amitié. 

Mathias et Charles podcasts
Mathias © Oli Quil

T : Et votre plus bel échec ?

M : Me viennent à l’esprit les premiers épisodes d’IFR qui n’étaient pas au niveau. Sinon dans le BDM, l’échec a été de transmettre malgré nous de mauvaises informations. Aujourd’hui, nous sommes beaucoup plus attentifs en sortant moins d’émissions certes, mais en y apportant une méthodologie bien plus rigoureuse.   

T : Quels sont les meilleurs et les pires conseils que lon vous ait donné au moment de vous lancer ? 

C : Un bon conseil qu’on m’a donné, c’était d’acquérir des compétences en matière d’improvisation

M : On ne nous a jamais vraiment induit en erreur, en revanche. A la limite, on m’avait conseillé d’investir dans du matériel professionnel au début, que nous avons pu emprunter mais qui était très intimidant. Finalement, nous utilisons des micros USB Blue Yetiqui sont efficaces à moindre coût. C’est très bien pour débuter… et même continuer, la preuve.

"Faites l'émission que vous avez envie d'écouter."

T : Avez-vous des conseils pour les gens qui souhaitent se lancer dans laventure podcast ?  

C : Avoir un sujet sur lequel un podcast n’existe pas déjà et s’acharner dessus à le développer, à en devenir expert pour être capable de l’expliquer simplement et d’ordonner ses idées.

M : Je repense à une vieille vidéo de conseils d’Antoine Daniel. Il avait dit une chose simple qui m’avait marqué : faites l’émission que vous avez envie d’écouter. Ça m’est resté et je le partage à nouveau.

T : Quelles sont vos recommandations ?  

C : Les films de Jordan Peele !

M : Je confirme ! Et sinon, les podcasts de tous les invités que nous avons eu dans nos émissions : Distorsion, Ars Moriendi, La Librairie Yokaï, Mortel de Tous Merakchi, Exocet… Je conseille aussi l’excellente émission « Nuit Blanche » de la RTS.

T : Merci davoir accepté de nous livrer les coulisses de vos podcasts IFR et BDM ainsi que votre première aventure éditoriale chez Flammarion !  Où pouvons-nous continuer à vous suivre ?  

C : Sur Twitter (@oddparamonia) et sur Twitch, où je fais des streams sur la chaîne Oddparamonia.

M : Sur Twitter et Instagram (@mathiasalcaraz) aussi. Sinon, sur notre page Facebook Charles & Mathias, ou sur les comptes Twitter de nos émissions (@IFRpodcast et @BDMlepodcast).

Mathias et Charles podcasts
Jolie épingle pour Pinterest 😉

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