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La théorie des petits pas appliquée à l’entrepreneuriat par Charlotte Appietto

Charlotte Appietto est la fondatrice de Pose Ta Dem’, un magazine web, une communauté et des accompagnements pour trouver sa voie et/ou entreprendre. Partageant les mêmes valeurs et intriguées par ce nom évocateur, nous avons souhaitez la rencontrer.

Le rendez-vous est pris pour un échange en public lors de notre événement “En coulisses”.

Dans nos bureaux, confortablement installé.e.s dans des canapés, nos lectrices sont impatientes de discuter avec cette jeune entrepreneure qui décrit son entreprise comme “ l’univers dédier aux futurs démissionnaires.”. Charlotte Appietto, rayonnnante, joue tout de suite le jeu de la transparence et la bienveillance : “durant ces deux prochaines heures je vais vous raconter toute mon histoire sans tabou, mais aussi répondre à vos interrogations”. Le ton est donné : ces événements en petit comité servent avant tout à se confier tant pour notre invité.e que pour les chanceux.ses participant.e.s.

La théorie des petits pas appliquée à l'entrepreneuriat
Ça c'était avant !!

Tout au long de cette rencontre Charlotte, par son parcours, nous a démontré qu’il n’y avait pas toujours besoin d’être radical pour concrétiser ses projets. Pas à pas, elle a trouvé sa voie et construit son entreprise, dont elle vit aujourd’hui.

Retour sur notre interview en public.

Talenty : Merci d’être avec nous Charlotte, tout d’abord nous devons te dire que nous sommes fans du nom “Pose ta dem”.

Charlotte Appietto : Merci beaucoup. Le nom est un peu provocateur. Il signifie “tu peux le faire, il faut aller changer les choses”. Bien entendu il y a plein de situations variées derrière l’envie de changer sa vie professionnelle… Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le message de fond n’est surtout pas de poser sa démission du jour au lendemain. Le but est de prendre le temps de construire quelque chose de solide.

T : Nous sommes ravie de t’entendre dire qu’il ne s’agit pas de changer de vie sur un coup de tête. D’ailleurs la création de ton entreprise en est un bon exemple. Pose ta dem’ fête déjà ses 2 ans, es-tu satisfaite de l’évolution de ton business ?

C.A : Oui, j’ai officiellement lancé Pose Ta Dem’ en janvier 2018. Au bout de deux ans cela fonctionne bien ! Nous sommes six personnes aujourd’hui. Ces personnes sont en freelance et elles travaillent avec moi à temps partiel. Le projet est devenu une véritable entreprise en deux ans.

T : Comme tu l’évoques  Pose ta Dem’ était au préalable un projet. Comment a-t-il vu le jour ?

C.A : Le projet est le reflet de mon histoire personnelle. Je viens des relations humaines dans lesquelles j’ai travaillé après un master à Science-Po. En commençant ma vie professionnelle, j’étais un petit bisounours qui avait envie de rendre les salariés heureux. Une envie profonde qui vient aussi de mon parcours plus personnel. Je voulais apporter ma contribution dans ce domaine.

T : Les ressources humaines étaient un domaine d’activité aussi épanouissant que tu l’imaginais ?

C.A : J’étais dans le département des recrutements et je me suis vite aperçue que cela ne correspondait pas à mes attentes. Je ne me sentais pas à ma place. Cela me plaisait dans certains aspects, mais le travail était trop redondant à mon goût.

Quand je voyais des personnes plus haut-gradées en RH, ça ne me parlait pas non plus. Je me suis donc dit que j’allai faire autre chose.
Comme j’ai un côté très scolaire, bonne élève, j’ai tout de suite envisagée une année d’étude supplémentaire.

Je me suis inscrite à l’ESCP Europe à Paris, une école de commerce pour faire un master en stratégie et conseil. Je me disais que ça serait plus challengeant. En travaillant dans le Conseil, mon but était de changer de missions régulièrement et de travailler pour des secteurs d’activités différents.

T : C’est vrai que le Conseil est un choix assez récurrent des “touches à tout”, bons élèves, qui sortent d’école de commerce. Parfois nous avons l’impression qu’il s’agit du choix du non-choix…

C.A : Je ne savais pas ce que je voulais faire donc je cherchais un poste où on allait m’envoyer un peu partout. Le Graal dans ce domaine, c’est de grimper dans la hiérarchie, ou d’être internalisé.e chez le client, dans une très belle boîte.

T : Même si ce choix n’était pas une vocation, t’es-tu sentie plus à l’aise dans cette branche ?

C.A : Ce master m’a beaucoup plu. Suite à cela j’ai eu mon premier CDI dans une boite de conseil en management. Il y avait un côté “jeune boîte dynamique”, puis le cabinet a grossi. Nous avons déménagé dans des bureaux très froids, qui faisaient très call center. Chaque spécialité était répartie par étage, il n’y avait plus la mixité et la cohésion qui me plaisait au début.

Je me suis retrouvée sur des missions où j’avais l’impression d’être une assistante de luxe. Le client payait 1000 euros par jour pour que je fasse des Powerpoints, des tableaux Excels, donc pour moi ce n’était pas possible !

C’est prestigieux sur le papier, mais pour moi cela a été terrible.

T : Ah oui effectivement, c’est donc le manque de sens qui t’a fait poser ta dem’ ?

C.A : Oui, j’ai fait un mini burn out par manque de sens. C’était l’été, mon corps n’en pouvait vraiment plus, donc je me suis dit qu’à la rentrée je poserai ma dem’.

Durant cet été j’ai entrepris un gros travail d’introspection et de développement personnel. Aussi, je suis allée à énormément d’événements parisiens pour rencontrer des entrepreneurs.

Je savais que la formation me plaisait, ainsi que l’entrepreneuriat. Par contre, je ne pensais pas avoir le profil pour ça.

Je ne m’imaginais pas monter directement ma boîte parce que pour moi les entrepreneurs sont des aventuriers. Vous savez, la figure de la personne qui aime prendre des risques et qui sait lever des fonds… Pas vraiment mon tempérament.

 

T : Du coup qu’as-tu fait pour te sentir légitime et sauter le pas ?

J’ai décidé de rejoindre une startup en tant que salariée, dans le domaine de l’éducation et de la formation. Nous étions quatre et j’étais la première CDI embauchée.

Je voulais intégrer une entreprise qui débutait son projet. Du coup, j’étais à la fois business développeur et formatrice, mais surtout couteau-suisse.

Comme j’étais quand même dans l’optique de monter ma boîte plus tard. J’ai choisi volontairement un job qui avait aussi une dimension commerciale, pour apprendre à vendre. C’était du B to B dans un marché très concurrentiel. J’ai fait cela durant quelques mois dans un incubateur au côté d’autres entrepreneurs, donc j’élargissais aussi mon réseau.

 

T : Tu as arrêté parce que grâce à cette expérience tu étais devenue assez confiante pour te lancer ?

C.A : En fait, il y avait des déjeuners de co-développement dans lesquels j’étais invitée par le fondateur de ma boîte. Je me rendais compte que j’avais une vraie valeur ajoutée dans ces discussions alors que j’étais la moins expérimentée. Du coup je me suis dit “peut-être que moi aussi je peux me lancer”. Au bout de quelques mois, je commençais à germer un projet.

En même temps, il y a eu des soucis financiers dans la startup pour laquelle je travaillais. Ils ont dû me proposer une rupture conventionnelle, à regret. C’est bien tombé parce que je voulais partir, mais je n’osais pas, car on s’entendait très bien. C’était l’occasion rêvée de me lancer même si je ne savais pas encore réellement quoi faire de ma vie.

 

T : Même sans projet clair tu étais prête à te lancer dans l’entrepreneuriat ?

C.A : Il y a eu quand même un sursaut de peur de l’insécurité. Je me suis dit : “non quand même il faut que je trouve un (vrai) job”. Du coup j’ai commencé à appeler des connaissances pour dire que je cherchais un emploi.

J’ai eu directement pleins de retours positifs de personnes qui voulaient m’embaucher ou au moins en discuter dans l’après-midi qui a suivi.

J’ai réalisé que si j’étais capable de retrouver un job facilement grâce au réseau que je m’étais créé depuis 2 ans, je pouvais faire mon projet avec cette sécurité.

C’était en juin 2017.  J’ai commencé à faire des missions en free-lance pour des stat-ups dans l’information. J’ai fait cela quelques mois, le temps de germer l’idée de Pose ta Dem’ que j’ai lancé en janvier 2018.

Six mois se sont donc écoulés entre le moment où j’ai quitté la start-up et où j’ai lancé mon projet !

La force de Charlotte, selon nous, est d’avoir toujours écouté son intuition, sans pour autant se précipiter. Etape par étape elle a fait ses armes dans différentes missions. Entre remise en question et prise de confiance, elle a fait grandir son réseau, avant de se lancer à son tour à son compte.

Sans faire office de mode d’emploi son parcours nous montre que tous les entrepreneur.e.s ne naissent pas avec une vocation et qu’en prenant le temps d’expérimenter on se construit de nouvelles opportunités.

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  1. Bonjour, merci pour ce joli interview de Charlotte. Son expérience est superbe, des doutes, une prise de conscience et de la confiance en soi 😊

  2. Hello ! Un interview qui démontre encore une fois que tout est possible, et que bien souvent les projets naissent au fil des rencontres, des expériences, ….Il faut juste suivre ses ressentis intérieures, et lâcher prise lorsque l’on ne se retrouve pas ou plus quelque part….🤩

    1. Exactement, l’état d’esprit a une grande incidence sur notre réussite 😉

  3. Bonjour, votre interview est très intéressant. L’expérience de Charlotte est pleine de doute, de prise de conscience et de confiance en soi. Merci beaucoup pour votre article 🙂

  4. L’interview de Charlotte est hyper inspirante merci ! Et cela montre à quel point le fait de se reconnecter à ses valeurs, son pourquoi est bien plus important qu’avoir un objectif, du moins au début ! Ce sont ces valeurs qui vont permettre à l’intuition de guider et mettre en place progressivement des actions qui ont du sens 👏🎉🤗

    1. Tout à fait ! Très contente que cette interview t’ai inspirée 🙂

  5. C’est sûr, on ne nait pas chef d’entreprise, cela s’apprend et les compétences dans ce domaine s’acquièrent au fur et à mesure. Il faut cependant cultiver quelques qualités : indépendance, persévérance, ténacité, polyvalence, confiance en soi et surtout résister à la peur de l’incertitude. Bravo pour le parcours et pour cet article .

  6. C’est super réconfortant de lire la réussite de certaine qui au départ ne pensait pas avoir le profil… je me reconnais un peu même si je suis dans un tout autre secteur…

    1. Nous sommes heureuses que cette interview puisse t’inspirer. C’est important de multiplier les modèles de réussite qui sortent de la ligne droite effectivement. 🙂

  7. Merci beaucoup pour cette interview si inspirante ! Comme quoi, un pas à la fois, en écoutant son intuition, on peut arriver à trouver sa voie 🙂 Et ça fait beaucoup de bien de voir des exemples de personnes qui ne se sont pas tout de suite tourné vers l’entreprenariat ou qui n’ont pas “tout claqué” du jour au lendemain après avoir trouvé leur vocation dans un éclair de génie mais qui ont fait tout un cheminement qui leur a permis d’en arriver là !

    1. Oui, il y a tellement de parcours singuliers ! Cela nous tient à cœur de diffuser différents modèles de réussites.

  8. Très inspirant de découvrir cette personnalité ! On passe tous par cette remise en question à un moment donné. J’avais déjà entendu parler de ce site internet, mais là, il me donne envie de le découvrir ! Merci pour cet entretien qui donne envie de déployer ses ailes 🙂

    1. Merci pour ton retour, contentes que ça t’ai inspiré 🙂

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